Les habitants de Fort McMurray subissent-ils la vengeance de Dieu ?

9 Mai 2016 , Rédigé par La jeunesse de l'Islam au Québec

Les habitants de Fort McMurray subissent-ils la vengeance de Dieu ?

Fort Mc Murray, une ville « champignon », passée de 10 000 à 100 000 habitants ces dernières années grâce à l’exploitation des sables bitumineux. Un miracle économique qui cache un cauchemar social et écologique... Rencontre avec David Dufresne, co-auteur de ce livre édifiant... Et terrifiant.

Selon Greenpeace, l’exploitation des sables bitumineux pourrait faire disparaître 166 millions d’oiseaux d’ici 50 ans. Quels dégâts environnementaux avez-vous pu constater?
Les nappes phréatiques, les rivières, les bassins : tout est pollué ! La faune et la flore ne sont pas épargnées. Les oiseaux, mais aussi les poissons meurent sous le coup de ce drame environnemental. Dans mon livre, je parle d’un poisson à trois yeux, retrouvé par un pêcheur. Des milliers de camions gigantesques, mesurant plus de deux étages, rejettent énormément de CO2. Malheureusement, aucun chiffre n’est disponible. Les estimations sont faites par les grands groupes pétroliers eux-mêmes. L’Etat regarde seulement si les chiffres donnés par ces industries ont été mesurés selon certains critères. Les organisations indépendantes ne peuvent pas faire leurs propres mesures car elles n’ont pas assez d’argent. Et dès qu’une association essaye d’en savoir plus, l’Etat lui coupe ses subventions.

Quelles sont les conséquences sur la santé des habitants ?
Des formes de cancer extrêmement rares ont été diagnostiquées sur des habitants de Fort McMurray. Mais là encore, aucun chiffre n’est disponible. Aucune étude n’a été effectuée par les autorités. Quand les populations autochtones se disent malades, l’Etat se demande si leur mode de vie n’a pas changé, mais ne cherche pas du côté des industries pétrolières. Les associations indépendantes ne peuvent pas enquêter. Il y a un problème flagrant de santé et on ne peut même pas chercher la vérité ni mesurer l’étendue du problème. Pour preuve, un médecin, John O’Connor, a été renvoyé car il recherchait les origines de ces cancers mystérieux.

La démocratie semble être un lointain souvenir à Fort McMurray. La ville affiche le taux de participation aux élections le plus bas de tout le Canada. La maire, Melissa Blake, a été élue avec seulement 6 987 des voies sur une ville qui compte pourtant plus de 100 000 habitants. Comment expliquer un tel désintérêt de la part des habitants ?
Pour moi, Fort McMurray, c’est la fin de la civilisation. Pour cette population de travailleurs occasionnels qui représente environ 50 000 personnes, tout tourne autour de l’argent et de l’appât du gain. Ils viennent trois semaines, repartent 15 jours et reviennent ensuite pour un nouveau contrat. C’est un monde très masculin, brutal. Mais tout est contrôlé par les industries pétrolières. Elles déversent plus de 95% du budget de la ville, soit 1 milliard de dollars par an. Du moment qu’ils donnent de l’argent, ils ont le pouvoir. Ils achètent toute la ville à travers des salles de sports, des piscines, des complexes sportifs. Il y a la piscine Total, la salle de sport Shell… . Cela annonce le monde dans lequel on va rentrer : un monde de marques.

Source : http://www.parismatch.com/Actu/Environnement/Fort-McMurray-ville-symbole-d-un-desastre-ecologique-767456

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