Canada : Aucun candidat maghrébin élu

15 Octobre 2008 , Rédigé par La jeunesse de l'Islam au Québec Publié dans #Politique

Farid Salem à Saint-Michel-Saint-Léonard, Samira Laouni à Bourassa, Nourredine Seddiki dans le Bas-Richelieu n’ont pas réussi à gagner leur ticket pour le Parlement fédéral lors de l’élection du 14 octobre 2008

Le parti conservateur canadien (PCC) a gagné les élections mais le gouvernement demeurera minoritaire, ainsi en ont décidé les électeurs lors de l’élection générale fédérale qui s’est déroulée le 14 octobre en vue de renouveler le Parlement d’Ottawa.

Trois candidats d’origine maghrébine avaient tenté leur chance : Farid Salem s’est porté candidat dans Saint-Michel-Saint Léonard, Samira Laouni à Bourassa, les deux comtés à Montréal, tandis que Nourredine Seddiki concourrait dans le Bas-Richelieu.

Des trois candidats, c’est Samira Laouni qui a eu la tâche la plus dure. Rudement attaquée par certains journalistes – Benoit Dutrizac et Richard Martineau – elle s’est vue reprocher tout au long d’une campagne qui a duré 35 jours sons appartenance au Conseil Islamique Canadien. Voilée, Samira Laouni a été cataloguée d’office islamiste tandis qu’elle démentait, affirmant qu’il ne fallait pas confondre musulmane et intégriste. Bien qu’elle affichait les couleurs du NPD – parti néo-démocrate – Samira Laouni avait fini sa course aussitôt qu’elle l’avait commencée.

Farid Salem s’était porté candidat dans Saint-Michel-Saint-Léonard, un comté à forte implantation maghrébine mais où son adversaire, Massimo Pacetti, pouvait compter sur l’appui de la communauté italienne plus importante que la communauté maghrébine et qui dispose de relais et de réseaux qui n’existent pas encore au sein de la communauté d’origine du candidat.

Nourredinne Seddiki était candidat dans le Bas-Richelieu où la communauté maghrébine est encore moins importante. Nouveau venu en politique, Nourredine Seddiki aura au moins acquis, à la lumière de cette première expérience, une meilleure vision du monde politique tel qu’il se pratique au Canada. Une expérience qui lui sera utile pour l’avenir si jamais il devait se représenter un jour.

Quelles conclusions tirer de ces élections quand on est issu de minorités culturelles comme on dit ici très prudemment? Un premier constat s’impose : bien qu’elles représentent plus de 20% de la population, d’un océan à l’autre, les communautés culturelles n’envoient au Parlement qu’une partie négligeable de députés. L’une des raisons en est que, fraîchement arrivées, certaines communautés n’ont pas encore construits leurs réseaux, occupées qu’elles sont à régler d’autres problèmes qui leurs apparaissent plus urgent. La prise de conscience, cependant, commence à pointer. Le CCA, centre culturel algérien, a compris, qu’en ordre dispersée, la communauté ne pouvait exister. C’est la raison pour laquelle le CCA pense convoquer les premiers états généraux de la communauté maghrébine pour poser le bon diagnostic avant d’entreprendre les actions adéquates.

Farid Salem l’a vu également ainsi : dans une déclaration au journal alfa (octobre 2008), il constatait qu’au «plan politique, la communauté n’existe pas».

La question qui se pose immédiatement est : à quelles conditions, la communauté pourrait-elle exister? Actuellement, une seule députée d’origine maghrébine – Fatima Houda-Pépin – siège au Parlement provincial de Québec. Elle est élue à Lapinière, un comté où les Maghrébins sont très peu nombreux.

source: http://www.journalfa.ca/fr/?p=101&c=&id=279

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