La Presse : Ramadan

26 Septembre 2006 , Rédigé par Stéphan Lajeunesse Publié dans #Fêtes

Salamoualaikoum wa rahmatoullah wa baraktouhou

Voici trois articles récents du journal La Presse de Montréal qui peuvent vous intéresser inchallah...


Le vendredi 22 septembre 2006
Où fête-t-on le Ramadan?

 

 

Marie-Christine Blais

La Presse

Pendant le ramadan, toutes les grandes mosquées offrent le souper (l'iftar) gratuitement après le coucher du soleil, tant aux musulmans qu'aux non-musulmans. Pour connaître les adresses des mosquées www.assidq.org/mosque (site en anglais seulement).

- Au cours de cette période, les associations d'étudiants musulmans des universités de la ville offrent également le souper gratuitement. À Concordia et à McGill, l'iftar est servi tous les soirs (Concordia :
www.msa.concordia.ca; McGill : www.msamcgill.com). À l'UQAM et à l'Université de Montréal, l'iftar est offert tous les vendredis du mois du ramadan (UQAM: 514-987-3000, poste 0241; UdeM : www.islam.udem.net). «Parfois, explique Karim Benaiz, de l'Association des étudiants musulmans de l'UQAM, il vient des itinérants et nous les servons sans problème, car l'iftar est aussi une occasion de partager avec ceux qui sont démunis.»

- Le Café 5 juillet est situé au 3864, rue Jean-Talon Est, et est entouré de cafés, restaurants, épiceries halal, propriétés de musulmans de l'Afrique du Nord, donc francophones.

-Le marché Le Casablanca, 5327, rue Gatineau, dans Côte-des-Neiges, offre des mets typiques marocains, des plats chauds mais aussi des pâtisseries traditionnelles.

POUR LES CURIEUX

L'organisme Amarrages sans frontières se spécialise dans le «tourisme culturel à Montréal», c'est-à-dire la rencontre des diverses communautés de la ville. Ainsi, il offre aux non-musulmans qui voudraient en savoir plus, la possibilité de vivre le ramadan le temps d'une soirée, le 14 octobre. En compagnie d'une animatrice originaire du Maghreb, on se rend dans une mosquée de Montréal, on assiste à la prière et on partage le repas communautaire. Cette activité est offerte pour la deuxième année par Amarrages, dans le cadre de la série Nouvelles expériences. Au nombre des autres activités d'Amarrages, notons des visites dans les communautés italienne, indienne, portugaise, japonaise, etc. de la ville, la possibilité de vivre un shabbat juif dans une famille, etc. Informations : 514-272-7049 ou
www.amarragessansfrontieres.com.


Le vendredi 22 septembre 2006
Premier week-end du ramadan

 

 

Marie-Christine Blais

La Presse

Ce week-end, c'est le début du ramadan pour des milliers de Montréalais musulmans. Trente jours de jeûne et de prière, de rassemblements festifs, de repas de fête le soir venu. Coïncidence, cette année encore, la fête juive de Roch Hachana, qui célèbre le Nouvel An juif, se déroule pendant les premiers jours du ramadan.

Pour les non-musulmans, le ramadan se résume souvent à «jeûner», en quelque sorte l'équivalent du carême chrétien. Pour les musulmans, c'est bien sûr le jeûne, du lever au coucher du soleil, pendant 30 jours. Mais c'est aussi et surtout l'occasion de manger ensemble, de se rencontrer, de resserrer les liens et de réaffirmer sa foi, chaque fois que le soleil se couche.

Pendant le ramadan, M. Mokhtar et M. Hakim, du Café 5 juillet, offrent le souper gratuitement à tous ceux qui se présentent chez eux, quelle que soit leur religion. Le repas est constitué de plats apportés par les clients réguliers et les propriétaires, tous deux d'origine algérienne: «Et ce n'est pas de la poutine ou de la pizza, dit en riant M. Mokhtar. C'est au contraire l'occasion de goûter des plats qu'on mange rarement pendant l'année.»

En effet, au menu, on trouve des plats nationaux algériens, marocains, maghrébins, etc. (souvent longs à préparer, d'où leur rareté), des mets riches en protéines, des pâtisseries faites pour l'occasion.

Ce sont principalement des célibataires qui viendront manger au café ou dans les mosquées qui, elles aussi, offrent gratuitement à manger. «Le ramadan est le mois pour être en famille et en communauté, un peu comme Noël pour les chrétiens, sauf que cela dure un mois, explique Mohammed Karroumy, Montréalais d'origine marocaine. Les visites aux proches font partie du rituel de ramadan: dans notre religion, plus tu vois de gens, plus tu te déplaces pendant ce mois pour rendre visite et recevoir à ton tour, plus tu as de récompenses (hassanate, en quelque sorte l'équivalent des "indulgences" des catholiques).»

Rompre le jeûne à l'heure exacte établie, chaque jour, par le calendrier musulman donne également droit à des hassanates: «Cela étonne souvent les non-musulmans, dit M. Mokthar. Effectivement, nous respectons à la lettre ce qui a été écrit dans le Coran il y a 14 siècles: nous croyons que tous les petits changements qui auraient pu être apportés au cours du temps auraient fini par étioler et fragiliser notre religion.»

C'est aussi pendant le ramadan que la cinquième prière quotidienne, celle du soir, est plus longue, justement pour réaffirmer sa foi.

Dans les restaurants, les épiceries et les pâtisseries halal, depuis quelques semaines, on cuisine et on prépare tout ce qu'il faut pour l'iftar, c'est-à-dire la rupture du jeûne chaque soir. Certaines pâtisseries sont typiques, par exemple les zlabia, faites de semoule et de sucre. Tous les plats, tous les desserts sont colorés: «Pendant le ramadan, dit M. Karroumy, on mange aussi avec les yeux.»

Y a-t-il des spectacles, des concerts spécifiques pendant le ramadan? Peu, puisque c'est d'abord l'occasion de se rencontrer, de manger et de prier en famille, chez les uns ou les autres.

On n'échappe toutefois pas au 21e siècle: les télévisions tunisiennes, marocaines, algériennes, maghrébines, etc., captées ici par satellite, profitent généralement du ramadan pour lancer leurs nouvelles émissions!

EN BREF

Qu'est-ce que le ramadan?

C'est le neuvième mois du calendrier lunaire musulman. Pendant cette période, les musulmans de 13 ans et plus ont l'obligation du jeûne et de l'abstinence complète, de l'aube au coucher du soleil, en fonction des heures précisées dans le calendrier. Le jeûne ne doit toutefois pas mettre en péril la santé du pratiquant. Quand commencera le ramadan ? Le calcul est assez complexe et on saura aujourd'hui s'il débute demain ou dimanche.

Que veut dire halal?

Littéralement ce qui est «permis», selon la charia, qui est le code de jurisprudence religieuse musulman.

Qu'est-ce que l'iftar?

C'est la rupture du jeûne, tous les soirs, au coucher du soleil.

 


Le vendredi 22 septembre 2006
Ramadan: une date difficile à déterminer

 

 

Mathieu Perreault

La Presse

Cet été, la Société islamique d'Amérique du Nord (ISNA) a pris une décision controversée: dorénavant, elle calculerait à l'avance la date du début des mois islamiques, notamment celui du ramadan. Plus tôt en septembre, elle a ainsi décidé que le ramadan commencerait le 23 septembre cette année, le 13 septembre l'an prochain et le 1er septembre en 2008.

La controverse a été vive. «Traditionnellement, le début du ramadan survient quand on voit le premier croissant de la nouvelle lune», explique Omar Koné, porte-parole du centre Soufi de Montréal et de la mosquée Al-Imam, avenue Fairmount. «Or, ce premier quartier n'est pas toujours facilement visible. À Montréal, le début du ramadan varie de mosquée en mosquée. La moitié de la ville commence un jour, l'autre moitié le jour d'après. Il y a même eu des années où le début du ramadan s'est échelonné sur trois jours.»

L'ISNA a décidé de ne plus tenir compte des observations humaines. «Nous pensons qu'il n'est pas nécessaire que la lune soit vue à l'oeil nue», explique l'organisme sur son site Web. «Si la nouvelle lune est arrivée selon les tables astronomiques, et qu'une période de temps suffisante s'est écoulée pour qu'elle soit visible, nous acceptons que cela constitue le début du mois, que la lune ait été vue ou non à l'oeil nu.» Une partie des musulmans montréalais suivra l'avis de l'ISNA, selon M. Koné. «Son avis est particulièrement suivi chez les associations musulmanes universitaires», dit-il.

Mégantic...

Les mosquées de Montréal, elles, décident le début du ramadan en se fiant aux observations de membres. «Certaines se fient à des employés musulmans de l'observatoire du mont Mégantic, dit M. Koné. D'autres fois, ils sont contactés par un fidèle qui a le numéro de téléphone cellulaire d'un membre qui travaille à la mosquée. Il faut que l'observation soit corroborée par un témoin.»

Pour les musulmans de Montréal, connaître le début du ramadan est une entreprise parfois ardue. «Samedi et dimanche soir, les lignes téléphoniques des mosquées seront complètement engorgées, dit M. Koné. Tout le monde appelle pour savoir si le ramadan commence le lendemain matin. D'habitude, si une observation n'a pas été faite avant minuit, on ne commence pas le ramadan le lendemain matin. Si le début du ramadan était décidé après minuit, certaines personnes ne pourraient pas faire de préparations pour manger le lendemain matin avant l'aube.»

Le début du ramadan peut être différent dans différentes régions du pays, selon M. Koné. S'il y a des nuages, le ramadan commence au plus tard 30 jours après le début du mois précédent. Les mois lunaires comptent 29 ou 30 jours.



 

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