Chicane de mosquée

21 Octobre 2011 , Rédigé par La jeunesse de l'Islam au Québec Publié dans #Actualité

Eric Yvan Lemay
Le Journal de Montréal
21/10/2011

Même s'il est emprisonné aux États-Unis, le controversé imam, Said Jaziri, mène une lutte sans merci avec sa famille et quelques fidèles pour conserver le contrôle de la mosquée Al Qods à Montréal.

Celui qui s'était fait connaître pour ses déclarations enflammées dans le débat sur les accommodements raisonnables a pourtant été expulsé par le Canada vers la Tunisie en 2007. Il a été arrêté en début d'année après avoir traversé illégalement la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Cela ne l'a pas empêché de continuer à exercer une certaine influence sur la mosquée dont il était l'imam. Le 7 septembre, son nom est apparu comme secrétaire de l'Association coranique de Montréal, qui gère la mosquée.

L'organisme sans but lucratif a notamment la responsabilité de la mosquée de la rue Bélanger. Elle possède aussi un autre bâtiment estimé à 700 000 $ sur le boulevard Pie IX ainsi qu'une terre à Saint-Eustache.

Un mois avant d'être nommé au conseil d'administration, sa femme, Nancy-Ann Adams, y a été nommée vice-présidente. Cette dernière peut également compter sur l'aide de Mohammed et Adel Jaziri, les deux frères de Said, qui sont arrivés directement de France au cours des dernières semaines.

Manque de transparence

Il faut dire que la grogne règne chez les membres de l'Association. Plusieurs dénoncent cette mainmise de l'entourage de Jaziri sur la mosquée. Une manifestation est prévue demain en fin d'avant-midi devant le lieu de culte.

Certains critiquent le manque de transparence au sujet de l'utilisation des dons faits en argent comptant par les fidèles. «On a des questionnements. On veut plus de transparence, qu'on affiche les recettes et qu'on connaisse l'état des comptes», dénonce Hassouna Abdelkader, qui a été exclu du conseil d'administration (c. a.) au moment de la nomination de Nancy-Ann Adams.

Il raconte entre autres qu'il a transporté 14 000 $ en argent liquide pour payer des taxes à la ville.

Le 9 octobre dernier, il a organisé une assemblée qui a réuni environ 75 personnes pour élire un nouveau conseil d'administration. «C'est un organisme à but non lucratif. Ça n'appartient à personne. Tu n'as pas le droit de posséder quelque chose qui dépend des dons (pour survivre). C'est la propriété des personnes qui fréquentent la mosquée», soutient celui qui a été élu président du c.a.

Les frères de Said Jaziri n'ont toutefois pas l'intention de laisser les dirigeants élus prendre les rênes. «Ils veulent prendre la mosquée par la force», a lancé l'un d'eux au représentant du Journal.

Les deux frères et un autre proche de Jaziri rencontrés à la mosquée ont dit que ce dernier continuait à participer aux décisions. Ils ont toutefois nié qu'il la dirigeait à distance.

«C'est illégal»

Selon eux, tout cela devra se régler devant les tribunaux. «C'est illégal ce qu'ils font», disent-ils au sujet de l'assemblée où on a élu un conseil d'administration. La fin de semaine dernière, deux personnes auraient été arrêtées puis relâchées après avoir proféré des menaces contre les frères Jaziri.

Ils estiment même que c'est en raison de la présence d'une femme sur le c.a. qu'ils ont mené leur offensive. «Au contraire, on est fiers d'avoir des Québécoises dans la religion musulmane», conclut Hassouna Abdelkader.

Le président et trésorier du conseil d'administration, Hedi Abdelkefi, se trouve en Tunisie depuis déjà quelques semaines.





Le manque de transparence dans les revenus et dépenses des mosquées n'est malheureusement pas chose nouvelle au Québec. Chaque fois que j'ai tenté demander à ce que ça soit rendu public, pour au moins les membres de la communauté, les administrateurs se sont mis sur la défensive sans vouloir donner suite à ma demande.

 

 

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Musulman 22/10/2011 03:55



Salam alaykum


Tout à fait d'accord sur la transparence des AG et des CA. Malheureusement les mosquées ne font aucun effort dans ce sens. C'es malheureux.