Conseils aux journalistes qui disent s'intéresser à l'islâm

26 Octobre 2009 , Rédigé par La jeunesse de l'Islam au Québec Publié dans #Communiqués et Activités

Par Apokalupsis

Au cours des dernières années, nous avons vu nombre de journalistes, de chroniqueurs et d'animateurs de radio et de télévision traiter de divers sujets relatifs à l'islâm. Le plus souvent, il faut le déplorer sans trop s'en étonner, en faisant preuve d'une malhonnêteté intellectuelle évidente, d'une haine à peine voilée et d'une attitude des plus infantilisantes. Plus rarement, certains partaient d'une intention sans doute louable, mais leur incompréhension de l'islâm qui se manifestait notamment par les gens qu'ils choisissaient d'interviewer et par l'absence de références aux sources sacrées que suivent les musulmans était finalement cause d'un plus grand mal que d'un plus grand bien et d'une confusion certaine.

Ce qui suit constitue quelques conseils de base que j'adresse à ceux sincères parmi les journalistes afin qu'ils se corrigent de leurs erreurs et redressent la situation navrante qui est constatée :

1) Lorsque les journalistes veulent connaître un élément du dogme, du culte ou de l'histoire des chrétiens, jamais il ne leur viendrait à l'idée de s'adresser au premier chrétien qu'ils croisent dans un lieu public, fut-ce même sur le seuil d'une église, en se disant qu'étant né chrétien, il possède une bonne connaissance du sujet. Quand ils veulent s'informer avec sérieux, ils s'adresseront plutôt à des professeurs de théologie ou à des prêtes ou pasteurs qui possèdent une formation en théologie reconnue dans le cadre qui est le leur. Or lorsqu'il s'agit de l'islâm, ces mêmes journalistes n'ont pas le même souci de rigueur. Ils se tourneront bien souvent vers qui voudra leur parler! Dans le meilleur des cas, ils s'adresseront à un informaticien musulman, à un professeur de littérature musulman, à un biologiste musulman, à un homme d'affaires musulman ou à un chauffeur de taxi musulman qui aura été désigné on ne sait par qui et on ne sait comment imam d'une mosquée ou porte-parole d'une association! Dans le pire des cas, ils pousseront l'odieux jusqu'à demander l'avis des défenseurs de la laïcité, des athées, des musulmans non pratiquants, des juifs et des chrétiens arabes! Si agir de la sorte ne leur viendrait jamais en tête concernant la religion chrétienne ou juive, lorsqu'il s'agit de l'islâm, tout musulman qui se déclare tel ou qui en a vaguement l'apparence semble faire l'affaire! Or si vous voulez des réponses éclairées concernant l'islâm et si vous avez un réel désir d'informer, faites comme vous le feriez avec les chrétiens ou les juifs et tournez-vous vers des savants, cela sera plus juste de votre part!

2) Le Canada n'étant pas un pays musulman, il n'y a aucune instance juridique contrôlant les dérives sectaires. Cette terre de mécréance est donc le paradis de toutes les sectes qui peuvent librement propager leurs égarements sans avoir à se justifier auprès de quiconque (sauf d'Allah), seule la loi du pays étant la limite de leurs actions et de leurs discours. Pour défendre un point de vue qui leur plaise (car il correspond à leurs passions ou revête un certain caractère sensationnaliste), bien des journalistes vont se tourner vers ces groupes sectaires qui ne demandent qu'à se faire connaître facilement et à gagner de la légitimité et de la crédibilité aux yeux des mécréants (surtout des politiciens) et des musulmans qu'ils égarent. Ces groupes sont bien connus des musulmans attachés sincèrement à leur religion, et leurs actions et leurs discours néfastes sont dénoncés autant que possible par eux, même si les conseils ne suffisent pas toujours à les ramener dans la voie droite. Aussi les journalistes doivent-ils être conscients de cette réalité et doivent-ils chercher à savoir mieux à qui ils s'adressent pour ne pas être les outils de ces sectes malveillantes qui propagent leurs mensonges et leurs innovations à travers les médias. Chaque personne interviewée devrait donc être identifiée clairement selon la voie qu'elle suit et les savants auxquels elle se réfère. Si elle se tait à ce sujet ou si elle demeure vague, voyez-là le signe probable de sa malhonnêteté.

3) Jamais une mosquée ou une association musulmane ne peut prétendre parler au nom de tous les musulmans du pays ou d'une ville, ni prétendre les représenter tous. Une association ne représente qu'elle-même et les membres qui y adhèrent et une mosquée ne peut même pas dire qu'elle parle au nom des musulmans qui la fréquente, car dans certaines villes elle peut être la seule existant, et les musulmans n'ont d'autres choix de s'y rendre même s'ils désapprouvent et détestent les discours et les pratiquent qu'on y retrouve. Faites donc attention aux associations qui prétendent représenter tous les musulmans d'une ville ou du pays. Demandez combien de membres y sont inscrits en bonne et due forme et vous verrez le masque des menteurs tomber!

4) Ce n'est pas parce que des musulmans font ou disent une chose ou une autre que cela est permis ou licite (halâl) en islâm, et ce, même si ces paroles et ces manières d'agir sont largement répandues. Diverses pratiques et croyances sont des héritages culturels, les fruits de l'ignorance ou constituent des innovations dans la religion. Si des groupes ou des musulmans disent ou font des choses, il y a toujours nécessité de revenir au Qur'ân et à la Sunnah pour déterminer la valeur des paroles et des gestes. Et puisque cela nécessite une bonne connaissance de l'islâm et un éclaircissement adéquat des textes, il faut s'aider en se référant aux savants de l'islâm plutôt qu'aux ignorants parmi les musulmans.

Partager cet article

Commenter cet article

La jeunesse de l'Islam au Québec 01/02/2011 01:36



@ Gaetan Dupont

Vous n'avez pas à vous excuser. Je trouve que votre sensibilité au terme 'mécréance' est tout à fait normal et sain. Le terme doit effectivement être pris au sens péjoratif car son sens
est ce qu'il y a de plus défaforable. Il n'y a en fait rien de pire pour une société et pour un humain que la mécréance au Dieu unique et à ses prophètes.

Quant à ce pays, en tant que non croyant à l'Islam(mécréant), vous avez biensur le droit de juger qu'il possède le minimun pour en être fier. Comme moi, en tant que
musulman, j'ai aussi le droit de juger que ce pays ne possède même pas le minimum nécessaire pour en être fier.

Il y a aussi les écologistes qui ne semblent pas fier dutout du Canada. Même les canadien en général ne semblent pas très fier de leur société puisqu'ils sont une minorité à
se donner la peine d'aller voter. Même le parti au pouvoir possède un statu minoritaire à l'assemblé nationale. Selon de récents sondages, la population canadienne semble
historiquement n'avoir jamais été aussi dégouté par ses politiciens et leur corruption...

Sans parler des séparatistes... ;)


  



Gaetan Dupont 30/01/2011 18:34



Puis-je comprendre que pour vous, le terme mécréant, n'a pas à être pris dans un sens péjoratif? Donc si, en tant que canadien, je me suis senti condamné par ce terme utilisé dans l'article
en question, veuillez excuser mon excès de chauvinisme.


Par contre, je continue à penser que, malgré ses défauts, le Canada possede un minimum de bons cotés pour que tous ses enfants en soient fiers. À mon avis, le Canada n'a
pas à être musulmant pour être digne de respect. Je suis prèt à vous laisser le dernier mot.



La jeunesse de l'Islam au Québec 30/01/2011 16:20



@ Gaetan Dupont

Je reviens pour préciser que, tout comme vous, l'auteur de l'article ainsi que moi même, nous sommes aussi des canadiens de naissance. À
différence que nous, nous sommes devenus musulmans et ne sommes pas fiers de notre pays.

Voyez aussi la définition du terme Kafir(mécrant) pour les musulmans: http://fr.wikipedia.org/wiki/Kafir


 


 



La jeunesse de l'Islam au Québec 30/01/2011 15:25



@ Gaetan Dupont

D'abord, je tiens à préciser que je suis seulement l'auteur de ce Blog. Pas de l'article en question.

Néanmoins, sans vouloir vous vexer. Comme la majorité des musulmans, je partage l'avis islamique de l'auteur de larticle qui dit que le Canada est effectivement une terre de mécréance dans
le sens que son gouvernement, ses lois et sa population en générale démontrent clairement qu'ils rejettent et contredisent les ordres du Dieu unique et de ses Prophètes.

Cette définition de Wikipédia me parait assez neutre et représentatif: http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9cr%C3%A9ant



 



Gaetan Dupont 30/01/2011 14:12



Vous qualifiez le Canada de terre de mécréance. N'y aurait-il pas lieux de tempérer vos propos? Cela est quelque peu vexant pour un canadien de naissance comme moi, fier de son pays.